Plainte d’Anticor pour favoritisme à l’INA : Mathieu Gallet jugé en correctionnelle

Mathieu Gallet, actuel président de Radio France et ancien président de l’INA, est jugé, aujourd’hui, pour délit de favoritisme.

Le Canard Enchainé avait publié un article, le 6 mai 2015, faisant état de graves irrégularités lors de la passation de plusieurs marchés publics, à l’INA, entre 2010 et 2014, sous la présidence de Mathieu Gallet.

Au regard de l’absence de réactions des autorités compétentes, Anticor avait déposé une plainte pour favoritisme visant ces fait, le 26 mai 2015.

Le Ministère de la Culture avait ensuite signalé, le 1er juin 2015, au parquet de Créteil des éléments « susceptibles d’être irréguliers au regard des règles encadrant l’attribution des marchés publics ».

Une enquête préliminaire pour favoritisme avait finalement été ouverte, le 4 juin 2015, à l’issue de laquelle le Parquet de Créteil avait décidé, le 23 juin 2017, de renvoyer Mathieu Gallet devant le tribunal correctionnel.

Le procès de Mathieu Gallet qui se tient, aujourd’hui, devant le tribunal correctionnel de Créteil, intervient donc après la condamnation d’Agnès Saal, qui lui avait succédé à l’INA.

Il est reproché à l’actuel président de Radio France d’avoir sciemment contourné les obligations de mise en concurrence pour favoriser deux sociétés.

Le Procureur de la République de Créteil avait précisé que « le montant total des contrats visés par l’enquête préliminaire, passés avec des sociétés de conseil en communication entre 2010 et 2014, s’élève à 428 000 € ».

La Cour des Comptes avait estimé le montant des prestations de communication, pour la période 2009-2014, à 2 169 102,09 €. Elle s’étonnait notamment de l’absence de pièces essentielles dans les dossiers et constatait des cumuls de contrats pour un même objet. Les magistrats critiquaient également le recours à des sociétés de conseils alors même que les ressources existaient en interne.

Mathieu Gallet semble donc avoir agi sans se soucier de l’argent public et en violant les règles en matière de passation de marchés.

C’est pourquoi, Anticor se félicite de la tenue de ce procès. L’association regrette cependant que de nombreux faits soient prescrits et que les bénéficiaires des marchés litigieux n’aient pas faits l’objet de poursuites au titre du recel.

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