Anticor à Bucarest : « Résister est un verbe qui se conjugue toujours au présent »

Le vice président d’Anticor, Éric Alt, s’est rendu à Bucarest du 22 au 23 mai 2018, à l’invitation de l’Institut français et d’Initiativa Romania.  Cette association fait partie des groupes qui résistent au délitement politique du pays. Elle est avec Corrupcion ucida (« la corruption tue » créée après l’incendie de la discothèque Collectiv qui a fait 65 morts) et d’autres groupements informels, à l’initiative des manifestations qui ont eu lieu en 2017, rassemblant jusqu’à 500 000 personnes dans toute le pays, contre un décret organisant l’amnistie de certains nouveaux élus à l’Assemblée nationale.

Le vice-président d’Anticor a dialogué avec ces groupes, présentant l’organisation française et saluant les forces imaginantes à l’oeuvre en Roumanie. Face aux initiatives du pouvoir, qui chaque jour prend des dispositions pour combattre la justice ou réduire les libertés publiques, il a rappelé les paroles de Lucie Aubrac : « Résister est un verbe qui se conjugue toujours au présent« .

A la Faculté de Sciences politiques, le vice-président a dialogué avec les étudiants francophones. Si la situation actuelle justifie, en France comme en Roumanie, le pessimisme de la raison, elle autorise aussi l’optimisme de la volonté, exprimée par l’action des mouvements civiques. Il a également rappelé lors de cette conférence et dans les entretiens donnés à RFI Bucarest et à Radio Romania Cultural, l’importance du combat culturel à long terme, pour changer les valeurs et les représentations.

Eric Alt, magistrat francez, vice-președinte al asociației ANTICOR pentru lupta împotriva coruptiei despre seria de dezbateri civice Liberté, egalité, anticorupțié, organizate cu sprijinul Platformei civice Inițiativa România, în parteneriat cu Institutul Francez și Facultatea de Stiinte Politice a Universitatii din Bucuresti (FSPUB). Acum în direct, cu Mihaela Dedeoglu, la www.rfi.ro/live

Publiée par RFI Romania sur mardi 22 mai 2018

En conclusion, il a rendu hommage à Vaclav Havel, en citant son discours d’investiture, qui reste d’actualité : « Notre pays ne fleurit pas. Le grand potentiel créateur et spirituel de nos nations n’est pas utilisé comme il se doit. Mais tout cela n’est pas encore l’essentiel. Le pire est que nous vivons dans un milieu moral pourri. […]

Le meilleur gouvernement, le meilleur Parlement et le meilleur président ne peuvent pas à eux seuls faire grand chose. Et ce serait très injuste d’attendre la solution d’eux seulement. La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous. Si nous nous en rendons compte, l’espoir reviendra dans nos cœurs. »

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