Anticor à Paris : « Comment réconcilier les citoyens avec la Politique ? »

siteanticorDeux jours après les élections régionales, l’Institut d’éthique contemporaine et Anticor ont organisé, à l’hôtel de ville du 10e arrondissement de Paris, une conférence-débat sur le thème « Comment réconcilier les citoyens avec la politique ? », avec :

– Gérard Vignaux, président de l’Institut d’éthique contemporaine ;

– Giulia Pozzi, doctorante en éthique, consultante en philosophie et membre de l’Institut d’éthique contemporaine ;

– Jean-Christophe Picard, président d’Anticor ;

– René Dosière, député et auteur de plusieurs livres (« L’État au régime », « L’Argent de l’État », « L’Argent caché de l’Élysée »…)

Gérard Vignaux a, tout d’abord, présenté les intervenants et le thème de la soirée qui a rassemblé une soixantaine de personnes, dont Éric Alt, vice-président d’Anticor, et Jean-Yves Lucas, référent d’Anticor 75. Pour le président de l’Institut d’éthique contemporaine, « si la monarchie était admirée pour ses fastes, la République doit l’être pour sa rigueur ! »

Giulia Pozzi a apporté un éclairage philosophique au débat : « Sur certaines situations de pouvoir, il faut légiférer. Sur d’autres, cela paraît plus difficile. Voici le croisement entre éthique et politique que je souhaitais mettre en lumière. L’importante me semble surtout résider dans la chose suivante : le manque de repères traditionnels (le fameux « désenchantement du monde »), ainsi que l’absence d’une législation sur certaines dynamiques de pouvoir, n’impliquent pas l’absence de toute forme de devoir. Ces devoirs sont des devoirs éthiques que les politiciens doivent accomplir même en l’absence (regrettable ou pas) de loi sur tel ou tel point. »

Jean-Christophe Picard a expliqué que la question posée – « Comment réconcilier les citoyens avec la Politique ? » – est précisément celle qui a conduit à la création d’Anticor, le lendemain du 21 avril 2002. Anticor a, depuis, formulé plusieurs réponses. La première consiste à lutter contre la corruption car « c’est non seulement un impératif moral mais c’est aussi un enjeux économique colossale ». En complément, Anticor a cherché à promouvoir les bonnes pratiques, soit en remettant, chaque année, des prix éthiques, soit en proposant aux candidats, avant chaque élection, de s’engager à mettre en place des pratiques vertueuses une fois élus : « Au-delà des discours parfois un peu flous, il est important de montrer qu’il existe des solutions concrètes qui peuvent être facilement mises en œuvre ! » Enfin, 226 ans après la Nuit du 4 août 1789, Anticor exige la suppression de certains privilèges qui sont, aujourd’hui, complètement anachroniques : « Pour nous, ce sont des abus légaux ! » Le président d’Anticor a ajouté que « d’autres pistes peuvent être envisagées, comme une réforme constitutionnelle. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’au regard des résultats des élections régionales, les partis de gouvernement doivent nécessairement se rénover… puisqu’ils ne l’ont pas fait lorsque Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle, il y treize ans ! ».

René Dosière a estimé qu’un travail doit être fait pour que les Français comprennent mieux la vie politique « car, aujourd’hui, il y a trop de fantasmes ». Il a déploré que le recrutement du personnel politique « se fasse de plus en plus parmi des gens qui ont commencé assez tôt à vivre de la Politique ». Pour lui, il faut aller plus loin dans le non cumul des mandats : « le cumul vertical commencera à être interdit en 2017, mais il faudrait aussi interdire le cumul horizontal, ce qui permettrait d’ailleurs de lutter contre la professionnalisation des élus ». Il a également prôné une meilleure représentation de l’opposition : « la prime de 50 % des sièges pour la liste majoritaire, aux municipales, me semble excessive. D’ailleurs, pour les régionales, la prime n’est que de 25 % ». Le député est également revenu sur son combat pour un État plus modeste : « je souhaite que le plafond des indemnités des élus (qui est actuellement de 8 300 €) passe à 5 500 € ».

Les intervenants ont ensuite répondu aux nombreuses questions de la salle.

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