Enregistrements Buisson : Anticor remet de nouveaux éléments à la Justice et relance l’enquête.

Jérôme Karsenti, avocat d’Anticor, a reçu de source anonyme deux nouveaux fragments d’enregistrements réalisés par Patrick Buisson auprès de son entourage.

Bien que parcellaires, ces bandes, remises au juge Serge Tournaire en charge de l’affaire des sondages de l’Elysée, permettront sans doute de faire avancer l’enquête.

En effet, dans l’un de ces enregistrements, on peut entendre Patrick Buisson commenter un sondage portant sur Dominique Strauss-Kahn. Ce sondage cherche à percevoir le ressenti des français lors de son interview télévisée sur France 2, alors qu’il était le candidat pressenti aux élections présidentielles de 2012 face à Nicolas Sarkozy. Patrick Buisson parle alors d’un sondage « qu’on a fait pour l’Élysée », d’un drôle de « sondage qu’on a fait sur DSK ». Par ailleurs, ce dernier ajoute que Claude Guéant « se mouillait un petit peu » sur « les affaires auprès du parquet » en tant que secrétaire général de l’Élysée, ce qui laisse présager d’éventuelles pressions ou interventions auprès des magistrats.

Au vue de ces nouveaux éléments, Anticor, qui est partie civile à cette affaire, a décidé, à travers l’action de son avocat de demander au juge d’instruction d’élargir cette affaire pour « trafic d’influence » alors qu’elle l’était jusqu’à présent pour soupçons de « favoritisme » et de « détournement de fonds publics » dans les marchés d’études d’opinion.

Pourquoi Anticor s’est-elle portée partie civile ?

Il n’est pas interdit à un Chef de l’Etat de réaliser des études pour sonder l’opinion des français sur telle ou telle réforme. 264 sondages ont été réalisés par l’Elysée sous le mandat de Nicolas Sarkozy, ce qui représente un record absolu. Chaque sondage peut couter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce sont alors plusieurs millions d’euros qui ont été réglés par le contribuable durant son mandat.

Toutefois, ces sondages doivent s’inscrire dans l’action du chef de l’Etat et non porter sur des questions intéressant un candidat aux élections présidentielles. Le sondage portant sur DSK, ainsi que d’autres – comme celui relatif à l’électorat écologiste de Carla Bruni-, auraient du être assumés par l’UMP et non par l’Elysée.

C’est pourquoi, cet enregistrement atteste aux yeux d’Anticor d’un « détournement de fonds publics », délit puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende (article 432-15 du Code pénal). Le trafic d’influence quant à lui est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende (article 432-11 du Code pénal).

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