Où en sommes-nous de la séparation des pouvoirs ?

La déclaration du Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux (condamné récemment pour propos racistes), qui a jugé « disproportionnée » la condamnation de sept policiers à des peines de prison ferme, a déclenché à juste titre une polémique et pose une nouvelle fois la question de la séparation des pouvoirs, pilier fondamental et indispensable d’une démocratie.

Rappel des faits : il s’agit d’une condamnation de sept policiers à des peines allant de six mois à un an de prison est pour avoir menti en accusant un automobiliste d’avoir renversé l’un d’eux. L’homme dénoncé à tort par les policiers encourait la perpétuité si le mensonge n’avait pas été dévoilé.

Qu’un Ministre en exercice et pas n’importe lequel, puisqu’il est le « patron » de la police, critique publiquement  une décision de justice est pour nous d’une gravité extrême et met en péril la séparation des pouvoirs.

Si l’Etat est en désaccord avec une décision de justice, il appartient au Parquet s’il le souhaite de faire appel du jugement, ce qu’il a fait.                         

En discordance avec le Ministre de l’Intérieur, le ministre de la Justice, Michel Mercier, a appelé au respect de la décision des magistrats : quelle cacophonie, quelle image est ainsi donnée de notre pays !

Il est sain que nous ne tolérions pas que nos dirigeants traversent cette frontière qui bafoue la séparation des pouvoirs. Le législatif ne peut être soumis à l’exécutif et la justice ne peut être aux ordres du pouvoir.

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