Quelques bonnes nouvelles anti corruption

En ces moments où notre pays se berlusconise de manière très inquiétante, où également, au mépris de l’exemplarité de ceux qui ont occupé les fonctions les plus hautes et du principe qu’un procès public doit permettre de mettre en lumière des pratiques corruptrices, il semblerait que la Mairie de Paris et M. Chirac aient passé un accord, et bien partageons ensemble quelques nouvelles positives venant du Brésil et du Congo où Anticor rayonne :

Au Brésil (retrouvez le Musée de la corruption http://www.muco.com.br dans lequel Anticor et la France possèdent une salle complète et notre article du 29 mai sur les « fiches propres »): une gigantesque campagne sur internet menée par les membres d’Avaaz* vient d’obtenir une victoire spectaculaire contre la corruption.

La loi « fiche propre » était dès le départ un projet ambitieux visant à rendre inéligible tout responsable politique condamné pour des délits comme la corruption ou le blanchiment d’argent. Avec près de 25% des membres du Congrès faisant actuellement l’objet d’enquêtes pour corruption, la plupart des commentateurs estimaient que le texte ne serait jamais adopté. Mais grâce à la plus grande campagne sur internet de l’histoire du Brésil lancée par Avaaz et ayant permis de réunir plus de 2 millions de signatures, de lancer plus de 500 000 actions en ligne et des dizaines de milliers d’appels téléphoniques, la lutte contre la corruption a gagné!

Les membres d’Avaaz se sont battus au quotidien contre des membres du  Congrès corrompus n’hésitant pas à utiliser tous les recours possibles et imaginables pour rejeter, retarder, amender et affaiblir le texte – et à chaque fois, nos membres sont sortis victorieux. La loi a été récemment adoptée par le Congrès et déjà plus de 330 candidats risquent l’inéligibilité!

Nous félicitons chaleureusement nos amis brésiliens pour l’exemplarité de ce vote et nous demandons à nos élus ce qu’ils attendent pour s’engager dans cette voie.

Au Congo : un magistrat de la République Démocratique du Congo est en train de constituer un groupe local Anticor.

 Comme il nous l’a écrit lui-même, il est « en voie de sortie volontaire à la suite d’incompatibilités constatées entre le droit tel qu’enseigné et la pratique qui en est faite ». Moralement  à bout, abattu, il ne saurait, dit-il, continuer à servir la justice de son pays dans ces conditions. « La corruption, la concussion, le détournement des deniers publics et autres maux apparentés sévissent dans son pays avec une telle assurance de la part de leurs auteurs, qui se comptent essentiellement dans les milieux politiques, que n’importe quel esprit épris de bon sens ne donnerait aucune chance de développement à ma société. »

La lecture de notre site lui a inspiré courage et détermination. Cet homme intègre et courageux a décidé avec quelques personnes de confiance et avec le peu de moyens matériels dont ils disposent de créer une antenne congolaise d’Anticor.

Voici encore ses mots : « Je voudrais saluer le combat de chacun de vous dans cette guerre contre le mal, l’injustice sociale et remercier aussi Mme Eva Joly pour l’exemple qu’elle donne par sa personne empreinte de noblesse et d’humanisme que ne sauraient apprécier à sa juste valeur ceux qui tirent profit de ces maux »

Tous nos encouragements, tous nos vœux accompagnent nos amis anti corruption de ce pays. Nous suivrons de près leurs travaux, nous leur ferons bénéficier autant que faire ce peut de nos conseils et expériences et nous vous tiendrons au courant.

* Avaaz.org est une organisation non-gouvernementale américaine. Elle a été fondée par le Britannico-Canadien Ricken Patel en 2006, afin de regrouper « des citoyens du monde » pour sensibiliser, mener des actions, et faire « face aux nouveaux défis qui menacent notre avenir. Le nom Avaaz signifie « voix » en hindi et en farsi. Avaaz.org a été créé conjointement par Res Publica, un groupe de campagnes civiques transnationales, et par MoveOn, un groupe américain de mobilisation sociale sur internet. Leurs actions se font connaître essentiellement par internet, avec la diffusion de pétitions par courriel ou par réseautage social et blogs.

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