Le GRID soutient Anticor

La lutte contre la corruption, un levier essentiel pour une économie au service des peuples et la réhabilitation de la politique

Publié par le GRID (Groupe de Réflexion et d’Innovation Démocrate) 25.09.09

1 000 milliards d’euros, c’est l’ensemble des « dessous de table » qui seraient versés par an dans le monde selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Des milliards qui s’évaporent ou qui trouvent un hébergement discret dans des places offshore et qui coûteraient jusqu’à trois fois plus cher dans les économies des pays les moins développés, ou encore un quart des revenus de tout le continent africain. De toute évidence, c’est l’évolution générale de ces pays qui est compromise.

La qualité des décisions se détériore. On peut soupçonner la corruption dans la livraison d’équipements non appropriés, des programmes d’aide qui n’arrivent pas, dans des routes inachevées, des constructions qui s’effondrent, un système de santé paralysé…

La corruption permet aussi aux pays riches de s’approprier la main d’œuvre, les ressources naturelles, voire des portions entières des territoires des pays pauvres en achetant leurs dirigeants.

La corruption anéantit les efforts pour le développement d’une économie durable. La combattre apparaît vite comme une priorité. Comment ? En l’attaquant à sa source, là où naissent les moyens d’offre des « pots de vin » dans les pays développés.

Rappelons ce qu’est la corruption. C’est « utiliser sa position de responsable d’un service public à son bénéfice personnel » (définition de la Banque Mondiale).

Elle peut avoir diverses causes :

• Une mauvaise gouvernance : cadre législatif flou, système judiciaire inadéquat, manque de transparence et de responsabilisation, manque de liberté de la presse ;

• Institutions faibles : fonctionnaires à forte autorité ayant peu de comptes à rendre, responsables officiels attirés par des rémunérations coupables, facteurs culturels ayant trait au mode de contrôle dans l’administration ou à la croyance au « droit aux bénéfices » des responsables administratifs.

• Faibles salaires

• Cumul de fonctions plaçant un responsable dans une situation de conflit d’intérêts : maire et président d’un syndicat des eaux…

• Mais surtout une absence véritable d’opposition.

Il est donc nécessaire de développer de nouveaux outils juridiques permettant au pays de lutter contre la corruption :

-Renforcer la législation,

-Augmenter les contrôles,

-Augmenter les sanctions,

-Développer une culture anticorruption dans le pays.

Une vraie détermination politique, c’est ce le GRID veut.

La lutte contre la corruption est un défi mondial qui engagent davantage les pays développés, leurs gouvernants et les entreprises.

La lutte et la prévention contre la corruption apparaissent rapidement comme un levier essentiel pour l’édification d’une économie saine et concurrentielle.

Aussi, le GRID propose la multiplication des campagnes de sensibilisation autour des répercussions néfastes de la corruption sur l’économie et la société.

La lutte contre la corruption ne saurait être l’affaire d’un seul parti mais plutôt de l’ensemble des citoyens. L’accent doit donc être mis sur la conjugaison des efforts de tous et leur participation effective dans la préservation de la corruption. Cette conjugaison suppose un partenariat entre des groupes locaux qui dénoncent les faits délictueux ou non éthiques et des intervenants nationaux pour intervenir dans un cadre législatif ou judiciaire, appuyé par un relais médiatique.

L’association Anticor (www.anticor.org), créée en 2002 sous l’égide de Séverine Tessier et parrainée notamment par Eric Halphen (2), regroupe des élus et des citoyens de toutes tendances politiques qui ont décidé de s’unir contre la corruption.

Des juristes et des personnalités engagées soutiennent cette association à travers son comité de parrainage constitué notamment par Corinne Lepage, Cécile Duflot, Yann Wehrling, Christiane Taubira, Tristan Mendès France…. Anticor décerne chaque année un prix de la casserole à un élu condamné pour des faits de corruption et un prix d’Éthique à une personne ayant fait preuve de courage pour dénoncer la corruption ou ayant montré une intégrité remarquable.

Elle ne fait pas que dénoncer, elle a également participé avec Transparency France à une consultation pour l’élaboration de la loi anti-corruption votée en octobre 2007. Elle est membre actif de la plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, collectif chargé de la lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires. Elle propose également des textes comme la charte éthique des collectivités locales déclinée en 12 points et elle est actuellement consultée par le Sénat sur la réglementation du lobbying.

Le GRID propose de suivre les travaux de cette association. Il invite également tous ses membres à participer activement à la réhabilitation de l’éthique en politique et à la lutte contre la corruption.

Le GRID souscrit à la charte éthique des collectivités locales élaborée par ANTICOR parce qu’elle est un premier pas vers la réhabilitation de la politique. Le GRID ne comprendrait pas l’absence des partis dans ce combat lors des prochaines élections régionales.

La lutte contre la corruption, ce n’est pas seulement de nobles déclarations d’intention, cela concerne concrètement chaque parti politique, chaque citoyen d’une démocratie, notamment lors des élections.

Le GRID suggère à Anticor de lancer, lors des prochaines élections régionales, un mouvement national de boycott des candidats, quel que soit leur parti, ayant été définitivement condamnés, depuis moins de dix ans, pour des faits de corruption, de concussion, de prise illégale d’intérêts, de trafic d’influence, d’ingérence ou de favoritisme.

(1) GRID : Groupe de Réflexion et d’Innovation Démocrate

(2) Aujourd’hui Eric Halphen est Président d’Honneur d’Anticor

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