Lyne Gaillet militante syndicaliste et membre d'anticor enfin réintégrée

Le 24 décembre, la nouvelle tant attendue, tant espérée est tombée : Le tribunal des prud’hommes de Caen a annulé le licenciement d’Evelyne Gaillet, qui eut lieu le 10 août 2006 et a ordonné sa réintégration au sein de l’entreprise Dalkia (1).

Tout commence en 2003. A la suite d’une énième restructuration interne, de nouvelles élections professionnelles ont lieu. Evelyne Gaillet est élue membre du Comité d’Etablissement et du Comité d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) sur la liste CGT Dalkia Nord. Mais cette victoire devait rapidement avoir un goût amer.

En effet, Evelyne Gaillet découvre que ses « camarades », refusent de présenter les pièces comptables du budget de fonctionnement du comité aux nouveaux élus. Intriguée, elle mène une enquête et apprend que près de 80 % de ce budget est utilisé en restauration et déplacements pour des membres du CHSCT, avec la complicité de l’employeur et de la fédération CGT « Construction ».

Parce qu’elle dénonce ces agissements, elle est fait l’objet d’un harcèlement moral qui va de l’insulte sexiste au dénigrement systématique de la part des élus mis en cause et ce, avec la complicité bienveillante de la Direction qui l’humilie, cherche à l’isoler par tous les moyens et reste silencieuse à la lecture de ses courriers expliquant sa souffrance.

Au début de l’année 2006 son syndicat, la CGT, lui retire son mandat de déléguée syndicale au cours d’un simulacre de congrès. Comme par hasard, à l’échéance des 6 mois de protection syndicale, Dalkia la licencie en le 10 août 2006, pour « erreurs de saisie comptable ». La CGT se tait. Evelyne Gaillet décide alors d’agir, et porte plainte pour licenciement abusif auprès du tribunal de prud’hommes de Caen.

Et c’est à l’issue d’un difficile combat de plus de deux ans, mais soutenue par le Collectif Général des Travailleurs Dalkia Energie France et Anticor, qu’Evelyne Gaillet est réintégrée et que l’entreprise est condamnée pour discrimination syndicale et harcèlement. C’est une double victoire :
• La filiale de la puissante entreprise Veolia, malgré tous ses conseillers juridiques, est battue,
• Evelyne Gaillet a démontré, par son courage et sa pugnacité, qu’un syndicalisme éthique et indépendant pouvait exister.
(1) Dalkia, leader des services énergétiques, est né en 1998 du rapprochement entre les sociétés Compagnie Générale de Chauffe et Esys Montenay, toutes deux alors filiales du groupe Générale des Eaux. La compagnie Générale des Eaux est devenue Vivendi en 1998. Ses activités ont été reprises par le groupe Veolia Environnement au sein de sa division Veolia Eau.
Commentaires d’Anticor : Il est bien évident qu’en rapportant cette affaire, Anticor ne cherche pas à décrédibiliser l’organisation syndicale CGT dans son ensemble, mais tout comme notre association le fait sur le plan politique, elle demande aux organisations syndicales qu’elles appliquent le devoir d’exemplarité pour ses militants et élus. Ni plus ni moins. Le résultat des dernières élections prud’homales démontre que le syndicalisme en France souffre d’un manque flagrant de reconnaissance de la part des salariés. Il serait temps que les organisations syndicales mènent une réflexion approfondie et sans complaisance sur leur fonctionnement et leurs pratiques (voir à ce propos, « L’argent noir des syndicats » coécrit par Christophe Montgermont et deux membres d’Anticor : Roger Lenglet et Jean-Luc Touly).

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