ANTICOR est favorable au principe de "jurys de citoyens"

ANTICOR est favorable au principe de « jurys de citoyens », et demande aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager plus fortement dans la lutte contre la corruption.

Depuis des années nous militons pour associer les citoyens à la délibération publique mais aussi au controle de la gestion publique. Ainsi, la proposition de jurys citoyens formulée par Ségolène Royal va dans le sens de la lutte contre la corruption que nous appelons de nos voeux. Par ailleurs, Anticor souhaite aussi notament le renforcement des chambres régionales des comptes (qui doivent devenir de véritables juridictions) et la possibilité de leur saisine par des citoyens ; la formation obligatoire des élus dans le cadre d’un contrat de mandat, la limitation stricte des fonctions et mandats ..
Ce sont là les conditions d’un véritable partenariat citoyens-élus permettant de restaurer la confiance et d’éviter « le vote défouloir » de sanction lié au mécontentement.
Associer les citoyens c’est aussi les responsabiliser en recréant du lien avec les élus face à une situation de divorce au sein du couple démocratique.

« Jurys de citoyens »: la droite fait donner les canons contre Royal –par Nathalie Schuck–
AP | 24.10.06 | 18:11

PARIS (AP) — Ségolène Royal a le choix des modèles: Mao, Pétain ou le général Boulanger. Dans des critiques d’une rare violence, la droite a tiré à boulets rouges mardi contre la proposition de la candidate socialiste d’obliger les élus à rendre des comptes devant des « jurys de citoyens ». La preuve, selon ses partisans, qu’elle a « tapé juste ».
Profitant de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée, siège des élus, Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, a brandi pêle-mêle le spectre du général Georges Boulanger qui avait fait trembler la IIIe République, de son partisan Paul Déroulède qui avait fondé la « Ligue des patriotes », du maréchal Philippe Pétain sous Vichy ou encore de la manifestation organisée à Paris le 6 février 1934 par des ligues d’extrême droite sur fond d’antiparlementarisme et de xénophobie.
« A chaque fois dans notre histoire qu’on a voulu s’en prendre aux élus, c’est en réalité à la République qu’on a voulu s’attaquer », a tonné le ministre délégué aux Collectivités territoriales. Il faut « honorer les règles de la démocratie représentative, la seule qui ne conduise pas aux larmes et au sang », a-t-il martelé, évoquant avec un plaisir non dissimulé les tensions au PS autour de cette idée.
Tout aussi virulent, le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé faisait trembler les députés: « Si par malheur Ségolène Royal devenait présidente de la République, ce ne serait plus les parlementaires qui examineraient l’efficacité des ministères, ce serait des tribunaux populaires et on mettrait les têtes au bout des piques! »
« C’est de la démago pure et simple », a également pesté Xavier Bertrand (Santé) sur Canal+. « S’il y avait une Coupe du monde » de la « démagogie », « non seulement elle serait en finale mais en plus elle serait gagnante », a taclé Christian Jacob (Fonction publique) sur RTL. Ca « a déjà existé ailleurs dans la Révolution culturelle de Mao », a déploré Philippe de Villiers (MPF) dans « Le Parisien ».
Déjà pris pour cible lundi par les partisans de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, l’entourage de la candidate voulait voir dans cette « hystérie » préélectorale le signe qu’elle « a tapé juste ». Et renvoyait la palme du « populisme » à l’UMP. « Le populisme, c’est de flatter les peurs du peuple, c’est de dresser les Français les uns contre les autres (…) comme le fait Nicolas Sarkozy », a lâché Jean-Louis Bianco, son porte-parole.
Consciente de la crispation, Ségolène Royal a elle-même adressé aux médias un argumentaire de 7 pages. Elle y affirme que ces « jurys » ne sont pas « un instrument de punition » ni un « affront à la démocratie représentative ». Rappelant qu’elle avait formulé cette idée dès novembre 2002, elle observe que de tels dispositifs ont vu le jour à Berlin ou en Espagne.
Cette proposition a reçu mardi le soutien de Pierre Rosanvallon, président de l’association « La République des idées » et de l’association Anticor (les élus républicains contre la corruption). AP

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