Droit de réponse à l’attention de Valeurs Actuelles et RTL

institution_ouverte-1-1820x990Chacun sait que l’approche des élections n’est pas le moment où l’intelligence humaine est au plus haut. Cette année, on assiste même à une surenchère dans les inepties lues ou entendues, qui portent parfois sur Anticor…

Ainsi, dans un article intitulé « Comment Taubira a privatisé la justice », publié le 19 février 2017, dans Valeurs Actuelles, on peut lire ce morceau d’anthologie : « Trop occupée à fêter le retrait de la ministre qui a imposé le “mariage pour tous”, la droite en a oublié que, le jour même de son départ, celle-ci a pris le plus grand soin de délivrer à l’association Anticor dont elle a été la marraine, un précieux sésame : celui d’être habilitée à saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). […] l’association privée Anticor, proche de la gauche, peut donc désormais, quand elle a le moindre soupçon sur une personnalité politique, demander à la HATVP de lui fournir les éléments sur la situation patrimoniale et personnelle du présumé coupable. Sans aucun contre-pouvoir. Une dérive inédite depuis le début de la Ve République. »

Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la réaction du Figaro Magazine, reprend ces curieux propos, lors de l’émission « On refait le monde », sur RTL, le 24 février 2017 : « Quand on sait que Christiane Taubira, quelques jours avant son départ du Ministère de la Justice, donne l’autorisation à l’association privée Anticor de pouvoir s’autosaisir pour demander à l’État français des renseignements du patrimoine privé parce qu’ils ont un soupçon sur un homme politique qui ne serait pas transparent. Et donc, ils peuvent saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique alors que cette association est parrainée par Cécile Duflot et Christiane Taubira avec, à sa tête, un proche de Martine Aubry, cela donne quand même l’impression qu’il y a une justice politique en France ! »

Face à ces brillantes analyses qui fleurent bon le Café du Commerce, Anticor souhaite apporter les éléments de réponse suivants :

1/ Depuis 2007, Anticor n’a plus de comité de parrainage.

2/ Anticor est une association citoyenne et transpartisane.

3/ Ce n’est absolument pas le Ministre de la Justice qui accorde cet agrément mais la HATVP elle-même (cf. article 13 du règlement général de la HATVP) ! Et rappelons que la HATVP est une autorité administrative indépendante (cf. article 19 de la loi du 11 octobre 2013) qui n’a donc jamais été sous la tutelle de Christiane Taubira !

4/ Cet agrément peut être donné à des « associations se proposant, par leurs statuts, de lutter contre la corruption » (cf. article 20 de la loi du 11 octobre 2013). Dans ce cadre, après avoir agréé Transparency International France, Sherpa et l’Association pour une démocratie directe, la HATVP a agréé Anticor. Qui peut sérieusement contester le fait qu’Anticor soit une association luttant contre la corruption ?

5/ Le droit de saisir la HATVP ne confère pas absolument pas à Anticor un accès privilégié aux déclarations de patrimoine ou d’intérêts ! En la matière, l’association a accès aux mêmes informations que n’importe quel citoyen.

6/ Si Anticor peut effectivement, grâce à son agrément, saisir la HATVP pour que celle-ci se prononce sur des situations de conflit d’intérêts, de non-respect des obligations de déclarations ou des règles de « pantouflage » qu’elle porte à sa connaissance, tout citoyen peut adresser à la Haute Autorité des observations sur les déclarations.

7/ Anticor n’a, pour l’instant, jamais saisi la HATVP… C’est dire à quel point la « privatisation de la Justice » est en marche !

8/ Le président d’Anticor est tellement proche de Martine Aubry qu’il ne l’a jamais rencontré ni même jamais parlé !

Lire aussi :

Anticor dément tout complot et porte plainte contre Le Figaro (10 novembre 2015)

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