François Pérol est mis en examen pour prise illégale d'intérêts

COMMUNIQUE

Le président du directoire de la BPCE a été mis en examen le 6 février à Paris pour prise illégale d’intérêts. Les juges enquêtent sur sa nomination controversée en 2009 à la tête du groupe bancaire.

C’est une victoire pour Anticor qui s’était saisi de cette affaire en déposant plainte en 2009 et ce alors que le parquet de Paris avait manifesté une opposition certaine à toute mise en cause de ce protégé de Nicolas SARKOZY. /2012/06/28/affaire-perol-la-cour-de-cassation-ordonne-enfin-louverture-dune-enquete/

Après avoir été entendu par les services enquêteurs François Pérol, le parquet avait classé une première enquête sans suite, puis il s’était opposé à l’ouverture d’une information judiciaire, finalement ordonnée par la Cour de cassation en juin 2012, soit trois ans après les premières plaintes.

Les syndicats SUD et CGT avaient poursuivi l’action estimant que cette nomination leur avait causé un préjudice important.

Il a été entendu par Monsieur LELOIRE, doyen des juges d’instruction du pôle financier. Lancée en 2010, l’enquête porte sur son arrivée à la tête du groupe issu du rapprochement des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. Rappelons que M. Pérol avait été nommé à la tête de BPCE (Banque populaire-Caisse d’Epargne) après avoir passé deux années à l’Elysée comme secrétaire général adjoint, chargé des dossiers économiques.

En effet, la loi interdit à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu’il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu’il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé.

Pour se défendre, François Pérol, dont le mandat à la  tête de BPCE s’achève en 2016, avait expliqué qu’il n’avait eu qu’un rôle de conseil auprès de Nicolas Sarkozy qui n’entrait pas dans le champ des interdictions prévues par la loi.

Plusieurs auditions ont déjà eu lieu dans cette affaire ainsi que des perquisitions. L’une d’elles avait visé début 2013 le domicile de François Pérol.

L’ex-secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a  lui-même été entendu en janvier dernier comme témoin par le juge Roger Le Loire au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.

Anticor espère vivement que cette affaire pourra maintenant être rapidement clôturée, la portée des décisions de justice dépend aussi de leur proximité avec la date des faits.

Contact presse : Jérôme Karsenti T. 06 64 77 71 21

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