Avec FLARE Network et la Coordination des opposants au Lyon-Turin, ANTICOR a alerté ce matin dans un courrier commun la Cour des Comptes du fait que des éléments des comptes annuels de la société LYON TURIN FERROVIAIRE SAS (LTF) « pourraient être qualifiés de pratiques douteuses et de comptes insincères ». Il ne s’agit pas pour Anticor de prendre parti sur le bien-fondé de ce projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin – ce n’est pas son rôle -, mais d’attirer l’attention des magistrats de la Cour des comptes sur ce qui nous semble être des anomalies de gestion de l’argent public qui demandent impérativement à être éclaircies. En effet, la société LTF fonctionne grâce à des subventions publiques nationales et européennes, et son actionnaire à 50 % est l’établissement public Réseaux Ferrés de France.
Vous pouvez lire ce courrier en cliquant ici.
Parmi les éléments que nous soulignons :
- Le montant de l’investissement brut par personne employée est très largement supérieur en Italie par rapport à la France (3,67 fois), alors que l’Italie n’a de son côté procédé à aucun percement de galerie de reconnaissance.
- La galerie de VENAUS n’a jamais été creusée du fait de la forte opposition en Italie. Pourtant, il existe des postes dans les bilans de LTF SAS qui comptabilisent des travaux affectés à cet ouvrage « virtuel » pour 10 322 413 € au poste « Immobilisations en cours de construction » et des « avances et acomptes versés sur immobilisations » pour 7 545 837 €.
- Le directeur général de la société Lyon Turin Ferroviaire SAS jusqu’en 2011, Monsieur Paolo COMASTRI, a été condamné à 8 mois de prison en première instance pour « turbativa d’asta » le 8 février 2011, qui peut se traduire par « trucage d’appel d’offre » au sein de LTF SAS (en 2004), où il disposait d’un pouvoir de signature très important.
- On trouve dans le rapport des Carabinieri du 19 décembre 2011 un tableau récapitulatif des sociétés en contact avec la N’DRANGHETA, organisation qui y est qualifiée de criminelle, parmi lesquelles les sociétés Italcoge et Martina travaillant également pour LTF.
- La société LTF est en passe d’engager des travaux de creusement du tunnel international en contrevenant aux dispositions des accords franco-italiens des 29 janvier 2001 et 30 janvier 2012, qui prévoyait qu’un nouvel accord ou avenant devait être conclu entre les deux pays au préalable.
- La prévision de coût de cet ouvrage semble de plus largement sous-évaluée au regard des suivis comptables et financiers de la Suisse pour le tunnel du Saint Gothard, parfaitement comparable au projet de LTF.
En conclusion de ce courrier commun, nous précisons pour le Premier Président de la Cour des Comptes, Didier Migaud : « Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, vous apprécierez l’opportunité de transmettre ou non ceux qui pourraient l’être au Procureur Général près la Cour des Comptes ».


Nous devrions tous être vigilants,parce qu’avec de telles agissements ,pour moi la république est en danger,ainsi que la démocratie,par la poussée de l’extrême droite dans notre pays,à cause du manque d’éthique dans la politique,et les scandales de corruption qui n’en finissent pas.Et,comme d’habitude,c’est le peuple,le contribuable qui va en subir les conséquences.
Ce qui serait bien ce serait que la Cour des Comptes réagisse et vous entende Avant de lancer ce monstre de dépenses. Comme le tunnel sous la Manche. 2 milliards de coût supplémentaire c’est énorme quand les fonds sont à sec et la croissance en berne. Encore combien de projets dans ce style, l’autoroute Langon – Pau lancée avec des chiffres d’utilisateurs sur évalués- l’exploitation se solde par une perte de 35 millions chaque année, Lascaux IV quand l’Etat se désengage sur le financement. Et bien sûr combien d’autres projets qui pourraient attendre un retour à meilleure fortune. Je découvre ces chiffres grâce à Anticor, aucun son de notre presse sur ce sujet. Merci