Nos 10 ans : un grand moment !

Anticor a fêté ses 10 ans samedi à Paris devant près de 200 personnes, élus, représentants de partis politiques (Modem, Cap 21, DLR, PS, EELV, Parti Pirate), journalistes et personnalités. Membres du Comité de Parrainage Corinne Lepage, député européen, Présidente de Cap 21, Tristan Mendès-France et Eric Alt étaient là, en amis fidèles d’Anticor. Des responsables de Groupes locaux, des adhérents et des sympathisants étaient venus de toute la France. Nous avions reçu de très nombreux messages de soutien de personnes n’ayant pu être des nôtres.

De gauche à droite : Eric Halphen, Jean-Pierre Guis, Catherine Le Guernec, Bruno Masure et Charles de Courson (masquant Séverine Tessier….)

Après la cérémonie des Prix, les participants ont échangé chaleureusement autour d’un excellent buffet et de non moins excellents musiciens brésiliens, avec un service au bar des plus enjoués, à l’image de la fête !

Avec l’aide amicale de Bruno Masure, membre d’Anticor, nous avons remis nos Prix de l’Ethique 2012 en mains propres à:

Raymond Avrillier pour son travail de fond depuis des années tant à Grenoble où il fut maire adjoint écologiste (il fut le « tombeur » d’Alain Carignon) que dans le dossier des sondages de l’Elysée. Ce prix lui a été remis par Eric Halphen, co-fondateur d’Anticor, et Président d’Honneur.

Charles de Courson, Député centriste de la Marne, qui se bat depuis des années à l’Assemblée nationale quant à l’utilisation de l’argent public, tant dans le dossier Tapie que dans celui de l’opacité des indemnités des frais de mandat des députés. Ce prix lui a été remis par Séverine Tessier, co fondatrice d’Anticor, porte parole nationale.

Antoine Peillon, journaliste d’investigation, grand reporter à La Croix, qui a notamment enquêté en France et en Suisse sur l’évasion fiscale, pour son ouvrage « Ces 600 milliards qui manquent à la France ». Ce prix lui a été remis par Eric Alt, membre du comité de parrainage d’Anticor, magistrat, co-auteur de  « L’Esprit de Corruption ».

Une mention Ethique, Catégorie Respect des engagements  a été remise aux élus socialistes qui ont démissionné de mandats pour ne plus être cumulards, par Jean-Pierre Guis, Vice-Président d’Anticor.

Puis il a décerné une Casserole Collective Catégorie Cumul aux Elus Socialistes cumulards qui ne respectent ni les militants ni les promesses du PS, de renoncer au cumul des mandats s’ils étaient élus. Notre pétition sur ce sujet a recueilli plus de 3000 signatures.

Une mention spéciale a été décernée aux 5 députés signataires de notre Charte éthique des Législatives et qui sont toujours cumulards à ce jour. Nous reviendrons demain sur ce sujet, car nous leur adressons un courrier de mise en demeure, leur donnant un mois pour mettre fin à ce cumul et être en cohérence avec leur signature et leur engagement.

Les deux casseroles suivantes ont été remises par Eric Darques, membre du bureau national d’Anticor, ancien élu de Lambersart, lanceur d’alerte dans plusieurs affaires Lilloises :

La Casserole du préjudice citoyen à Christine Lagarde, pour ne pas s’être opposée, quand elle était ministre de l’économie, au recours à l’arbitrage dans l’affaire Adidas opposant le Crédit Lyonnais au groupe Tapie, alors qu’une procédure judiciaire était en cours. Cet arbitrage a accordé à Bernard Tapie 403 millions d’euros, dont 45 millions au titre du préjudice moral… Et elle n’a pas fait appel de cette sentence arbitrale, au détriment des contribuables français.

La Casserole « utilisation abusive de Carte Bleue » à Jean-Pierre Kucheida, ex-député, Maire PS de Liévin devant répondre de faits d’abus de biens sociaux, alors qu’il était président du bailleur social Soginorpa, qui gère quelque 62 000 anciens logements miniers.

La Casserole « J’abuse » à Roxane Décorte, conseillère de Paris et élue UMP du XVIIIe arrondissement, a été remise par Catherine Le Guernec, Présidente d’Anticor : condamnée fin 2011 à 4 mois de prison pour abus de confiance, pour avoir détourné plusieurs dizaines de milliers d’euros à une association d’aide aux personnes âgées dont elle était présidente à « titre bénévole ».  Elle n’a pas démissionné à ce jour.

La dernière Casserole « pour l’ensemble de son œuvre » à André Santini, député Maire d’Issy-les-Moulineaux,  remise par Jean-Luc Touly, administrateur d’Anticor, Conseiller Régional. André Santini a été notamment mis en examen pour « détournements de fonds publics » et « recel de faux », avec Charles Pasqua dans l’affaire de la Fondation Hamon. Le procureur a réclamé 2 ans de prison avec sursis, 100.000 euros d’amende et 2 ans de privation de droits civiques. Si Charles Pasqua, 85 ans, a mis un terme à sa vie politique, André Santini, 72 ans, est toujours en fonction.

Depuis 2002, date de la création d’Anticor, la corruption n’a pas régressé en France, au contraire : avec une note de 6,8 quant à la perception de la corruption, la France a encore reculé, passant au 25ème rang et 71 % de Français qui estiment que leurs élus sont plutôt corrompus.

Comme nous venons de le voir avec le rapport de la Commission Jospin, beaucoup de chemin reste à parcourir, y compris et surtout auprès d’un grand nombre d’élus, accrochés à leurs mandats et à leurs avantages.

Néanmoins la conscience se fait jour dans les esprits que nos institutions doivent être réformées, que les sanctions doivent être exemplaires, afin que notre pays s’attaque véritablement à la corruption.

Quand mettra-t-on en œuvre le « choc de probité » en politique ?

Share Button