L’article d’aujourd’hui du média de l’information éthique, analysant la campagne législative de différentes O.N.G., est riche de sens (à lire en cliquant ici). Il constitue la démonstration qu’une mobilisation citoyenne de proximité peut s’avérer plus pertinente qu’une campagne de communication souvent coûteuse.
Ainsi, si la charte éthique d’Anticor a été signée par plus de 550 candidats à l’élection législative, c’est notamment grâce à la décentralisation de cette campagne citoyenne, car Anticor s’est appuyée sur ses groupes locaux pour la diffuser et solliciter les engagements éthiques des candidats.
Au delà, c’est la méthode de l’action citoyenne de terrain qui fait ses preuves comme levier global à l’encontre de puissances politiques ou financières, lesquelles redoutent un véritable changement de pratiques.
Agir du local au global, c’est l’essence de l’antidote que nous proposons d’instiller dans la société contre le virus de la corruption.
Appliqué à d’autres sujets, cela témoigne de la possibilité de l’ascendance des causes, ce qui est très encourageant pour une certaine idée du progrès démocratique. L’analyse mériterait d’ailleurs d’être approfondie car la réussite de cette charte locale tient aussi dans la durée des combats. Dix ans après la création d’Anticor, est-ce une coïncidence si une charte de déontologie est adoptée pour la première fois au plus haut niveau, par le gouvernement ?
Les autres relais, numériques notamment, blogs et autres, ont aussi joué à très grande échelle un rôle essentiel dans la diffusion transversale des idées, semblables aux techniques de marketing viral que déploient les grandes firmes, pour propager l’antigène – éthique !
Si cela contribue enfin à changer la donne en France – soyons lucide pas dans l’immédiat, mais optimistes tout de même -, faire de la prime à l’éthique et de la concurrence vertueuse le levier d’une évolution démocratique dans notre pays pourrait (qui sait ?) faire école ailleurs…
L’enjeu d’Anticor est un enjeu de civilisation. Une société, dans laquelle les citoyens éclairés deviennent les coopérants vigilants de l’action publique, doit retrouver le chemin de la confiance et de la raison. A condition, bien entendu, de se situer dans l’esprit des lois et dans le cadre institutionnel sur lequel se fonde la légitimité. Il faudra sans doute revenir sur ces questions sous peu, car au delà d’une charte, notre service après-vote de contrôle actif du respect des engagements électoraux devra faire ses preuves.
Séverine Tessier
Fondatrice d’Anticor

